‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 122 sur 207 · SCÈNE ï · texte numérisé non relu

SCÈNE ï

Qitoi! du pied des autels...! Quelle est donc cette fuite?

Quel noir pressentiment me saisit et m'agite?

Je cherche sa retraite , on arrête mes pas;

J'interroge, ou hésite, on ne me répond pas;

Ici tout m'est suspect , et je le suis moi-même :

On m'observe, on me fuit : quel affreux stratagème!

Ciel!.. Érox m'avoit dit (juclle étoit dans ces lieux.

Le roi l'entretenoit. Quel soin mystérieux...!

Veut-on me l'enlever? Je frémis. Roi barbare,

Me l'enlever, ô dieux! Plutôt qu'on m'en sépare.

Périsse Danaùs! tombent ces murs affreuse.

Où l'on rompt les traités, où l'on trahit mes feux.

Danaùs me trahir!... Non, je ne le puis croire;.

Non, il n'a pu former une trame si noire :

Saints nœuds, serments sacrés, seriez-vous superflus?

Sortez, honteux soupçons, de mon esprit confus;

C'est trop m'abandonner au trouble qui m'agite;

Mais qui s'avance ici? Quelle alarme subite?

Ah dieux!

HYPERMNESTRE. i6o

Page 1