‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 128 sur 207 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HYPERMNESTRE

Ah! je respire à peine.

Grands dieux, veillez sur lui, rassurez mon amour; Épaississez la nuit, et retardez le jour : Ces murs, théâtre affreux de malheurs et de crimes. Ne rej^orgent que trop de sanglantes victimes; Éloignez Dauaiis , dans ce moment d'effroi. O cher Lyncée!... ô ciel! si surpris par le roi. Si, passant par des lieux teints du sang de ses frères, A ce spectacle horrible, oubliant mes prières, Lui-même il s'élançoit au-devant du danger! Je frissonne... Le roi... Que dois-je en présagcrî" Je n'ose aller vers lui... Je frémis de l'attendre. Mais quels accents au loin semblent se faire entendre? Porteroit-on les coups que j'ai crus détournés? Mes yeux sont obscurcis... mes pas sont enchaînés... Tous mes sens sont glacés. Où suis-je... Un glaive brille! .arrête, roi cruel. . prends pitié de ta fille. Mes cris hâtent le coup! Dieux! qu'est-ce que je voi? Cher époux , ton sang coule , il rejaillit sur moi. Je me meurs.

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