ACTE IV, SCÈNE II. i
Ne sais-tii que tromper, et non te repentir?
H YPF.RSKNESTRE.
Me repentir! d (juoi? D'une trop juste crainte? D'uu artifice même où vous m'avez contrainte; Me repentir, ô dieux ! lorsque j'ai préféré A de SI noirs f»)rf;iits un de\oir si .îacré ! Moi ; mériter qu'uu jour avec mes sœurs cruelles L'univers me confonde eu son horreur pour elles, Et maudissant mou nom sans t esse avec le leur, D;se : Hypermnestre aux fers a souillé son malheur. Par un là^he retour elle s'est démentie. Elle a sauvé Lyncee, et s'en est repentie! Kon, ne ^e^perez pas; non, dans ce jour d'effroi, Les repr^ ches du cœur ne sont pas faits pour moi. Kon , ce n'est qu'à mes sceurs d'être en proie aux furies, Aux remords dévorants , vautours des cœurs impies; Peuvent-elles goûter un instant de repos. Elles de leurs époux exécrables bourreaux, Elle^ de qui la main meurtrière et parjure A fait rou^fir l'hymen et frémir la natuie? Je crois voir chaque époux, piauitif , pâle et sanglant. S'offrir les nuits en songe à leur esprit tremblant; Je les vois se lever, fuir ces objets funèbres ; Mais les spectres les suivre à travers les ténèbres. Les suivre avec le fer que leurs bias forcenés Ont plonjjé dans le flanc de tant d'infortunés. Pour moi, mon seul tourment est la haine d'un père; Je souffre d'exciter malgré moi sa colère, Mais, punissant sur moi cet époux que je sers, Dussiez-vous resserrer, appesantir mes fers,
i36 HYPEllMNESTRE.
Me prescrire l'exil, ordonner mon supplice. L'exil, les fers, la mort, n'ont rien dont je frémisse; Quand je sauve un époux, quand j'ai dû le servir, Fiien ne peut m'arracher même un feint repentir.