‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 134 sur 207 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

HYPERMNESTRE, DAN a US, ÉGINE;

GARDES, portant des flambeaux .

DANA us.

Arrête, ingrate, arrête.

ÉGI XE.

/ O rigueur inhumaine!

Gardes, obéissez, qu'elle-même on l'enchaîne. Vous, tandis que Lyncee est cherché hors des murs, Volez, suivez d'Argos tous les détours obscurs; Et vous , de l'Inachus parcourez les rivages, Observez les chemins et les secrets pfissages. Hâtez-vous; sur vo-; soins mon salut est fondé, Toujours pour mon repos vous aurez trop tardé.

{ Les gardes sortent. ) Perfide, je te dois ces alarmes funestes; Tu sauves un proscrit; c'e>t tnoi que fii détestes. Mes projets, mes périls, mou courroux, mon effroi, Et les avis des dieux sont méprisés par toi. Tu me désobéis; c'est peu de cette injure. Je me vois le jouet de ta lâche imposture : Tu me promets le sang dont je dois m'abreuver,

Tu cours vers ma victime, et c'est jiour la sauver.

Tu m'exposL'S, cruelle, à la fureur d'un gendre;

Ce que j'en avois craint, je dois bien plu-, l'attendre.

Sans l'armer contre moi peux-tu le proléger?

i84 HYPERMNESTRE.

L'oracle fût-il faux, suis-je moins en danger? Et quand j'échapperois à mon sort déplorable. Fille dénaturée, en es-tu moins coupable? Tu deviens parricide après m'avoir bravé. Et déjà dans ton cœur le crime est achevé. Peut-être à ce perfide as-tu promis ma tête, Et tu m'assassiuois sans ce bras qui t'arrête.

H YPERMN ESTRE.

Vous me faites frémir par ces discours affreux.

D'un forfait inouï nous soupçonner tous deux!

Quoi! vous m'imputeriez... quoi! vous auriez pu croire...

Ah dieux! prenez ma vie , et laissez-moi ma gloire.

Elle étoit d'obéir sans rien examiner, Non de jug; r ton père et de l'abandonner. Si je te commandois un meurtre iliégiiime. Moi seul, devant les dieux, j'étois chargé du crime'. Aveugle que j'étois, sur la foi de tes pleurs Je croyois te devoir encor plus qu'à tes soeurs; Bien loin de soupçonner tes plaintes d'artifice, J'estimois par l'effort le prix du sacrifice. Pour calmer ta douleur je daignois m'empresser: Et toi contre mon sein tu te laissois presser; Et quand tu jouissois de ta feinte hardie, Je ne te consolois que de ta perfidie. Tu m'as osé trahir; crains un père irrité. Crains la peine qu'il doit à l'infidélité. Parmi mes ennemis faut-il que je te compte! Tranquille en ma prési nce, infidèle, sans honte. Loin du juste remords que tu dois ressentir,

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