ACTE IV, SCÈNE V. t
Cher époux !
LYNCÉE
(à Ifypcrmnssirc.) ( « Dnnaiis. ) Toi, des fei's!... Tyran impitoyable!
As-tu cru m'échapper, tromper, braver im roi?
LYNCÉE
As-tu cru que je fusse aussi làcTie que toi?
Que , timide témoin du trépas de mes frères,
Par ta fureur livrés à des mains meurtrières,
Quand par flots jusqu'à moi j'ai vu leur sang couler.
Mon dessein fût de fuir?... Il fut de t'immoler.
J'y courois; Hvpermnestre en |ik'urs, sur mon passage,
A retenu mon bras, t'a sauvé de ma rage:
Tu ne dois qu'à ses cris, tu ne dois qu'à ses pleurs
La lumière du jour souillé par tes fureurs;
Et lorsque son secouis t'arrache à ma vengeance.
Les fers, la mort peut-être en est la récompense !...
Ah dieux !... non, sans mourir je ne puis y penser.
Tyran ! c'est dans tes mains que j'ai pu la laisser!
C'est moi, c'est, par tes coups, son époux qui l'opprime.
( se relonriuint vers Hypermnestre. ) Quel prix de ta vertu!
Tu vis : voilà son crime.
LYNCÉE
Voici mon sein, cruel; frappe, que tardes-tu? Frappe, tiélivre-la; va, ce coup m'est bien dû. Je t'ai laissé le jour ; j'ai livré mon amante ; J'ai voulu ton trépas; rends ta rage contente;
igo IIYPERMNESTRE.
Frappe, dis-je; ôte-moi ce spectacle d'iioneur De mon épouse aux fers, et d'un tigre en fureur.
DAN A us.
Que tu vas payer cher ton insolente rage! C'est trop pt'u de ce fer pour venger mon outrage. TuAOulois mon trépas; de ce coupable voeu Toi-même devant moi viens de faire l'aveu : Tu confirmes ici, par ta fureur ouverte, Les oracles des dieux (|ui demandoiont ta perte. JMa haine à mes sujeîs doit compte de ta mort; C'est au supplice seul à terminer ton sort. Holà, gardes.
HYPERMNESTRE
Mon père!...
LYNCÉE
Imposteur exécrable, Tu veux que je paroisse un vil traître , un coujiablel Ah , perfide !
Soldats, qu'on l'entraîne.
HYPERMN ESTRE, se jetant au-devant des soldats.
Arrêtez, Barbares; que d'horreurs! quelles extrémités ! Où me réduisez-vous? tout mon cœur se déchire. Ah! s'il vous faut tlu sang, qu'il vive et que j'expire. Hélas! de tous les siens en apprenant le sort, Lyncée étoil en proie au pUn affreux transport, Sa rage d'aucun frein ne st-mbloil retenue; Mais, seigneur, quand il vit son épouse éperdue Combattre par des pleurs son courroux trop aigri ,