LE GRAND BRAMINE, LE JEUNE BRAMINE
LE GRAND BRAMINE
Oui , c'est VOUS dont le zélé Conduira de sa mort la pompe solennelle.
LE JEUNE BRAMINïi.
Quoi ! les Européens, accourus vers nos ports,
De leurs vaisseaux nombreux investissent ces bords;
Tant de foudres lancés sur les murs de la ville
Dé leurs coups redoublés ébranlent notre asile;
Et c'est peu qu'aujourd'hui la guerre et ses fureurs
Fassent de ce rivage un théâtre d'horreurs !
Au milieu des daugeis, au milieu des alarmes,
Que répand dans nos murs le tumulte des armes,
Nous préparons encore un spectacle cruel ,
Qui me plonge d'avance en un trouble mortel;
Nous dressons ces bûchers, consacrés par l'usage,
Qxii font du ^lalabar fumer au loin la plage !
Non , je dois l'avouer, je ne pourrai jamais
Accoutumer mes yeux à de pareils objets.
Eh! ne peut-on sauver la victime nouvelle?
Son époux dans ces lieux n'est point mort auprès d'elle :
Elle ne Ta point vu dans ces derniers moments.
Si puissants sur notre ame et sur nos sentiments.
Où d'une épouse en pleurs l'époux qui se sépare
Exige de sa foi cette preuve barbare;
Où, dans riliusion d'un douloureux ennui,