‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 158 sur 207 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Il la force, en tyran, d'abandonner la vie. Fariloiinrz, j'avois cru qii'expof.és aux malheurs, Sans appeler ù nous la mort ni les douleurs, Ce devoit être assez pour la constance humaine, De supporter les maux que la nature amène : D'ine\pliral)les lois, par de secrets liens, Sur la terre ont uni les maux avec les biens; Mais de l'insecte à l'homme on peut assez connoître Que le soin de soi-même est l'instinct de chaque être. Les dieux comme immortels, et sur-tout comme heureux, A tout être sensible ont inspiré ces vœux : I.homme , l'homme lui seul , dans la nature entière, A porté sur lui-même une main meurtrière; Comme s'il ètoit né sous des dieux malfaisants, Dont il dût à jamais repousser les présents. Ah! la secrète voix de cos êtres augustes Crie au fond de nos ccnurs, .Soyez bons, soyez justes; Mais nous demandent-ils ces cruels abandons , Ce mé])ris de nos jours, eut oubli de leurs dons? Cette haine de soi n'est-ille point coujiable? Qui se hait trop lui-même aime peu son semblable : Et le ciel pourroii-il nous avoir fait la loi D'aimer tous les humains, pour ne haïr (jue soi?

2i8 LA VEUVE DU MALABAR.

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