ACTE II, SCÈNE II. 2j
On l'oàe menacer des horreurs du supplice, S'il ne livre pour lui For qu'il offioit pour vous.
Il ÉCURE.
Malheureuses, faut-il qu'il s'immole pour nous!
D'une pitié si noble on va lui faire un crime.
HÉCUBE
On le croit innocent, mais mon destin l'opprime; Le malheur qui me suit devient contagieux. Hélas! en me plaignant, on irrite les dieux.
IPHIS
Thestor a cru d'abord son attente comblée, Son offre et ses discours entraînoient l'assemblée. Tous les cœurs se tournoient à la compassion, La plupart acceptoient l'offre de la rançon ; Quand soudain Ménélas , animé par Hélène...
HÉCUBE
Hélène! Quoi! ce monstre...
IPHIS
Elle enflamme leur haine; Et prenant en horreur ses amis malheureux, Par des traits accablants se déchaîne contre eux. Par combien de noirceurs sa bouche vous outrage! Mais c'est Paris sur-tout que déchire sa rage; Qu'il ne fut à ses yeux qu'un lâche ravisseur, Dont elle détestoit la flamme et la fureur; Que brûlant de revoir Ménélas et la Grèce , La reine et ses enfants l'en ciétournoient sans cesse; Que d'affreux surveillants, qui ne la quittoient pas, Traversoient ses desseins, et retenoient ses pas.
H ÉCUBE.
O monstre que l'enfer tira de ses abymes Pour couvrir l'univers de meurtres et de crimes! Par combien de ressorts aig'-issant les esprits. Elle éloignoit la paix dont elle étoit le prix, Embrassant mes genoux et m'appelant sa mère, Attestant un hymen qui me la rendoit chère. Et prête, disoit-elle, à mourir dans mes bras. Plutôt que de se voir dans ceuv de Ménélas !
La cruelle aujourd'hui devient votre t'uiie.