‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 166 sur 207 · ACTE 11, .SCEXfc I · texte numérisé non relu

ACTE 11, .SCEXfc I

Je meurs, c'est peu, je meurs dans uu'affieux tourment. Pour rejoindre l'époux qui m'ota mon amant. F A T 1 M E.

Ah! que m'apprenez-vous?

LA V E U V E

J'en ai trop dit, Fatime.

Excuse , époux cruel , excuse ta victime : Ce cœur toujours soumis, quoique tvrannisé, Suit l'étrange devoir par ta mort imposé; Je ne balance point à mourir sur ta cendre, M'exige point de moi de sentiment plus tendre. Si tu lis mes malheurs, qu'il te suffise , hélas! Que je te sois fidèle au-delà du trépas : Je t'ai fait de ma vie uu premier sacrifice , Oui de ma mort peut-être égale le supiilice : J'ai |)endaiit mon hymen dévoré mes ennuis , Et la plainte est permise à l'état où je suis.

Après un tel hvmen , quel étrange partage!

LA VEUVE

Si tu m'aimes encor, laisse-moi mon courage:

Jeu ai besoin, Fatime, et n'ai plus d'autre bien.

Mais ne révèle point ce funeste entrelien :

Ah ! j'atteste le ciel que j'aurois avec joie

Subi pL'ur mon amant la mort où l'on m'envoie.

Et jju'on m'eût vue alors, perdant tout sans retour,

Sans consulter l'honneur, m'immoler à l'amour.

Du moins celui, Fatime, à qui je fus ravie

iS'est pas témoin des maux qui terminent ma vie.;

Il ue sauia jamais, je meurs dans cet e.^poir,

^■i8 LA Vf.rjVE DU MALABArx.

Ce que m'aura coûté mon funeste devoir.

Ciel ! je vois de ce temple avancer un ministre: Je lis la cruauté dans son reprard sinistre.

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