‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 169 sur 207 · LE J E D N E B R A M I N E · texte numérisé non relu

LE J E D N E B R A M I N E

Hélas! de ses destins quel mortel est le maître? Je fus infortuné du jour qui me vit naître, laut-i! <|ue le mor.'el qui prévint mon trépas M'ait ici du Bengale apporié dans ses bras? l'aut-il a\oir siîôt, pour voir votre misère, PoiJu linfortuné (|ui m'a servi de père? Orphelin jiar s:i mort, à moi-même livré, Dans CCS murs, dans ce tem[>le à peine suis-je entré. Je trouve donc par-tout un usage sinistre; J'échappe à l'un, de l'autre on me fait le ministre.

LA VEC VE

Eh ! qui vous poursuivoit?

23o LA VEUVE DU MALABAR

LE JEUNE BRAMINE

L'usage meurtrier Qui trois jours fait suspendre aux branches d'un palmier Tout eiifaiit uouveau-né dont la lèvre indocile Fuit le jjieniier soutien de S'-n être fragile. Qu'il refuse le sein par trois fois présenté, Dans les ondes du Gange il est précipité. J'allois périr! Où vont mes plaintes importunes? Je ne dois m'attendrir que sur vos infortunes, El c'est de mes malheurs que je vous entretiens.

LA VEUVE

Le récit de vos maux vient d'ajouter aux miens.

De ma famille, ô ciel! qu .lie est la ilestinée!

Loin de ces tristes bords, aux lieux où je suis née.

Au temps dont \ous parlez, un des miens moins heureu-X

Fut proscrit sans pitié par cet usage affreux.

Je vais être à mon tour d'un autre usage étrange

Victime au Malabar, comme lui sur le Gange;

Et nous aurons péri dans des lieux différents,

Mon frère à son aurore, et moi dans mon printemps.

LE JEU NE BRAMINE

Votre frère, madame! il périt au Bengale? Telle étoitdans Ougly mon étoile fatale.

LA V E u V E.

Dans Ougly? quel rapport!

LE JEUNE BRAMINE

C'est là que je suis né.

LA VEUVE

C'est là que poui' souffrir le jour me fut donné.

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