‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 188 sur 207 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LE GËNÉr.AL FlîANÇAIS, UN OFFICIEU FRANÇAIS.

I,'o F F I CI E R.

J'accours vers vous, seigneur : ah ! savez-vous les vœiiv . Les soins du gouverneur, et ses complots affreux?

Prccipiteroil-on cet appareil tragique?

l'offici eu.

O superstition! l'Indien faiiati((ue Ne demandoit la trêve, en ces funestes lieux, Que pour favoriser un spectacle odieuv , l'our laisser au braminc, imi>unément barliare.

252 LA VEUVE DU MALABxU5.

Le loisir d'attiser le bûcher qu'il prépare.

LE GÉNÉRAL

J'apprétois ce triomphe au br.imine endurci ! Pour la faire périr on me jouoit ainsi ! Ah! d'indignation tout mon cœur se soulève. Retournons vers mon camp, et que la {juerre achève De purger ces climats d'un peuple aussi pervers; Allons : les ])erdre, amis, c'est servir l'univers... Mais la trêve subsiste, et ma foi n'est point vaine. L'honneur me tient aussi dans sa funeste chaîne, Kt sa loi tyrannique accable en même tem]is L'innocence qui souffre, et moi qui la défends. Que je tienne à l'honneur, l'humanité murmure; Que je veuille être humain, il faut être parjure; Que dis-jo? exterminer cette triste cité, Tout un peujde, est-ce là servir l'humanité? Kon; du lâche bramine et de son artifice J'ai peine à croire encor le gouverneur complice; De tant de perfidie il n'a pu se noircir ; Près de lui, sans tarder, courons nous éclaircir: J'attends un autre soin de l'honneur qui l'anime ; Le nôtre est de défendre un sexe qu'on opprime. Viens donc ; et, prévenant de féroces excès , Servons les malheureux, et montrons-nous Français.

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