‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 189 sur 207 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LA V E U V l\ , vêtue de lin.

Voilà donc mon destin! voilà Jonc mon partage? J'achèverai de vi\re à la fleur de mon âjje. Le ciel me rend iin frère, et c'est dans ces moments Qu'il faut ([ue je m'arrache à ses crnbrasseinents; Et je n'en puis goûter l'émotion si douce: La nature m'attire, et l'honneur me repousse. Une autre voix me chai-me et m'accable à son tour; Victime de l'hymen , victime de l'amour, U me faut renforiner cette secrète flamme. Ce profond sentiment qui maîtrise mon ame; Et , la mort dans le cœur, marcher le front serein Au bûcher où m'entraîne un époux inhumain. Il semble à mes douleurs que sa rigueur extrême Une seconde fois m'arrache à ce que j'aime. Il a fait tous mes maux, et je dois aujourd'hui Paroitre heureu'ie encor de m'immoicr pour lui : Ma destinée entière est-elle assez truelle ! O toi que j'adorai , toi tp-i'en vain je rappelle, Toi dont le souvenir, si cher à mon aurour. M'aida dans me* ennuis à supporter le jour,

2JL

De tout ce que j'aimois sans retour séparée, Par ta fatale absence au désespoir livrée , Aille-moi maintenant à quitter sans effroi Ce jour que Lanassa n'eût aimé que pour toi.

Page 1