‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 194 sur 207 · I, E JEUNE B R A M I \ E · texte numérisé non relu

I, E JEUNE B R A M I \ E

Seigneur, où courez-vous? Je mérite peut-être...

LE GÉNÉKAL.

Que me veux-tu?

LE JEUNE BRAMINE

Qu'au moins vous daigniez me connoitre.

LE GÉN ÉR AL

J'ai vu le chef des tiens, c'est te connoître assez.

LE JEUNE BRAMINE

Ah ! je diffère d'eux plus que vous ne pensez.

LE GÉNÉRAL

Que m'importe?

LE JEUNE BRAMINE

Je plains le destin déplorable De celle qu'en ces lieux notre coutume accable

LE GÉNÉRAL

Au-flevant de mes pas t'auroit-on envoyé? De toi tout m'est suspect, et jusqu'à la pitié; Laisse-moi.

LE JEUNE BRAMINE

Non, seigneur; que mon cœur vous révèle Quel puissant intérêt m'est inspiré par elle. A la mort qui l'attend vous voulez la ravir; Je le veux plus que vous, et puis vous y servir. Connoissez en un mot toute ma destinée: J'ai retrouvé ma sœur dans cette infortunée.

LE GÊNÉ K AL

Ta sœur! elle?

LE JEUNE BRAMINE

Elle-même.

LE GÉNÉRAL

Ah Dieu! s'il est ainsi, Barbare, ses dangers en sont plus grands ici.

LE JEUNE BRAMINE

Ils le sont moins, seigneur.

LE GÉNÉRAL

Je sais trop votre rage, A quelle cruauté le nom de frère engage.

LE JEUNE BRAMINE

Ne me confondez point, par grâce, avec les miens;

Non, je sais mieux du sang respecter les liens:

Ma sœur prête à périr par des lois inhumaines,

Sur un bûcher ! ah dieux ! son sang crie en mes veines.

Pour un objet si cher je pourrai tout braver;

Je suis Européen dès qu'il faut la sauver;

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