‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 204 sur 207 · I N DI EN · texte numérisé non relu

I N DI EN

LA V E D V E , égarée.

Où suis-je? où vais-jc? Dieux ! autour de moi tout change. Qui m'a pu transporter sur les rives du Gange? Quel fantôme voilé, ciel! je vois s'approcher?... Fuyons! Il me saisit! il m'entraîne au bûcher! Il se découvre! Arrête, époux impitoyable.

LE JEUNE BRAMINE

Ne meurs plus pour sauver un guerrier secourable, Ton appui, ce héros...

LE GRAND BRAMINE

Est tombé sous mes coups.

LE JEUNE BRAMINE

Il venoit t'arracher...

LA VEUVE

De qui me parlez-vous?

LE GRAND BRAMINE

D'un chef audacieux, aujourd'hui ma victime.

LE JEUNE BRAMIN'E

De ton fier défenseur, d'un guerrier magnanime.

LA VEUVE

D'un guerrier! Eh! pourquoi m'offroit-il son secours? Pour qui s'empres5oit-ii de conserver mes jours? Quel est-il ce héros si généreux , si tendre. Qui ne me conuoit pas, et qui m'ose défendre,

Que mes malheurs ici louchent si puissamment' Les Français ont-ils tous le cœur de mon amant?

LE GRAND BRAMINE

Quel mot prononcez-vous? qu'avez- vous osé dire? Ne sortirez-vous point de ce honteux délire? D'un indigne secours j'ai su vous délivrer, Oubliez un profane.

LE JEUNE BRAMINE

Ah ! tu dois le pleurer.

LA VEUVE

Le pleurer ! eh, qui donc? O douleur qui me tue !

LE JEUNE BRAMINE

Il est mort pour toi seule et presque sous ta vue.

LA VEUVE, allant vers le bûcher.

Qu'on allume les feu.x, je ne sens plus d'effroi; Le trépas maintenant est un bonheur pour moi. A l'aspect du bûcher dont je serai la proie, Le désespoir me donne une sorte de joie. Mourons.

LE JEUNE BRAMINE

Peux-tu, cruelle...? Ah! quel horrible instant! Ton frère est à tes pieds.

LE GRA N D BRAMINE

Votre époux vous attend.

LE JEUNE BRAMINE

Ma sœur !

LA VEUVE

Laisse-moi, dis-je.

LE GRAND BRA.MINE

Arrêtez cet impie.

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