SCÈNE V
ii^s ACTEURS précédents; LE GÉNÉRAL FRANÇAIS, à la tête de ses troupes.
le général, montant sur le bûcher.
Lanassa dans la flamme!
LE GRAND BRAMINE
Notre ennemi vivant!
LE GÉNÉRAL
Courons! Vivez, madame-
LA VEUVE
>ui m'arrache à la mort?
LE GÊNÉ K AL
Idole de mon cœur!
Lanassa !
LA VEUVE, jetant un cri dr surprise et de joie dans les
bras du général français avant de le nommer.
Montalban ! toi mon libérateur?
LE GÉNÉRAL
Oui, c'est moi qui t'arrache à cette mort funeste.
LE JEUNE BRAMINE
C'est vous, seigneur, c'est vous! Double faveur céleste! Vous vivez, je vous vois! grands dieux! qui l'auroit cru;
LE GÉNÉRAL
Le bruit de mon trépas par mon ordre a couru.
Un golfe abandonné nous a servi d'asile;
Et par le souterrain nous entrons dans la ville,
Tandis qu'une autre troupe est maîtresse du fort.
Ciel! un moment plus tard, quel eût été mon sort!
Ainsi, l'obscur sentier que, dit-on, l'avarice
Ouvrit pour dérober une femme au supplice,
En un même dessein, ici plus noblement,
Sert mon roi, les Français, ton fière, et ton amant.
Trop heureux sur ces bords d'employer la surprise
Eour épargner le sang dans la place soumise!
[au grand brnmine. ) Toi dont le ciel confond les complots et les vœux, J'ai su de ta fureur l'emportement honteux; Ton crime étoit cl'un lâche et n'a rien qui m'étonne; Mais, Français je l'oublie, et vainqueur je pardonne : Je te laisse le jour, même après tes forfaits. Soldats, que de ces lieux on l'éloigné à jamais.