‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 21 sur 207 · CASSAIS DR E · texte numérisé non relu

CASSAIS DR E

Mais toi , perfide Ulysse, Je vois tout l'univers armé pour ton supplice; La mer pour t'engloutir a soulevé ses eaux, Et la foudre à tes yeux embrase tes vaisseaux. Les ombres des enfers, les monstres de la terre. Conspirent à l'envi pour te faire la guerr^'. Sous quel horrible aspect verras-tu ta maison, Où tu ne trouveras que trouble t-t trahison? N'osant plus sous ton nom jouir de la lumière, Où vas-tu terminer ta fatale carrière?

La parque te présente au glaive que tu fuis; Misérable, lu meurs de la main de ton fds. Télégoue cherchoit le sang qui l'a fait naitre. Et c'est en le versant qu'il va le reconnoître... Mais quel fantôme encor se présente à mes yeuxi"... J'ai peine à discerner sou visage odieux... C est Hélène , grands dieux ! qu'entraine une furie ! Ses charmes dangereux embrasèrent l'Asie :

Perfide, et respirant de nouvelles amours, Une rivale enfin s'arme contre ses jours; La rage dans le cœur, elle fond sur sa proie. Lui montre en l'immolant une barbare joie ; Et d'un lien afl'reux qu'a tissu sa fureur, La rend pour son amant un spectacle d'horreur. Voilà de tant d'attraits l'épouvantable reste : L'univers est vengé de sa beauté funeste.

HÉCUBE

Puisse le temps rapide avancer le moment Qui doit à ses forfaits joindre son châtiment!

CASSANDHE.

Madame, quel que soit le sort qui nous accable. Au sort de nos vainqueurs le nôtre est préférable. Priam et ses enfants, par un noble destin , Sont morts pour leur pays les armes à la main : Leur nom vivra toujours. lOt toi, divine Troie, Jamais du noir oubli tu ne seras la proie. C'est peu que l'univers, dans un commun effroi, Ait armé tous ses rois ou pour ou contre toi ; Nous avons vu des dieux entrer dans la carrière, Et dans le trouble affreux de la nature entière. Après neuf ans de guerre, ils combattoient encor Pour renverser des murs que défendoit Hector.

HÉCUBE

Vous soulagez les maux qu'Ulysse me prépare.

CASSANDRE

Non, vous ne vivrez point sous le joug d'un barbare. De mes propres malheurs je vous tairai la fin : La mort doit me paroitre un bienfait du destin...

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