ANDROMAQUE, ASTYANAX, CÉPHISE
ANDROMAQUE, embrassant son fils.
Il goùtoit les douceurs d'un tranquille sommeil ; N'aurai-je point, Céphise, avancé son réveil? Que veux-tu ! mais sitô; que je 1 > perds de vue, Tout m'afflige, tout manque à mon ame éperdue. De la reine et d'Iphis j'ai devancé les pas, Poui' voir plus tôt mon fils se jeter dans mes bras. Tandis qu'autour de lui tout est triste et terrible. Il offre à nos regards un sourire paisible. Heureux âgs, Cé|)hise, oîi la réflexion De ses traits dévorants n'atteint point la raison! Je frémis pour mon fils des périls qu'il ignore.
CÉPHISE
Il suivra votre sort, que peut-il craindfe encore? Mais de qiielcjue remjiart dont on pût l'entourer, A peine votic cœur voudroit se rassurer; Il est pour vous l'objet d'une amitié si tendre !
ANDROMAQUE
A quel titre, Céphise, il a droit d'y prétendre! Hélas! nous n'avons plus de sceptre à lui donner.
LES TROYENNES. . ay
Plus de Troie où ma main puisse le couronner. Quels fruits recueille-t-il de son triste héritage? Des cendres, un tombeau, des larmes, l'esclavage! Pour adoucir son sort, il est juste qu'au moins Mon ardente amitié lui consacre mes soins.
CÉPHI SE.
D'Agamemnon , dit-on, Cassandre est adorée; L'hymen la fait entrer dans la maison d'Atrée: Cassandre sur les siens réfléchit sa faveur, Et donne à votre fils un puissant protecteur.
ANDROMAQUE
A peine Agamemnon a daigné nous entendre; Il ne prend , a-t-il dit , d'intérêt qu'à Cassandre. Au nom de Polyxène, interdit ou distrait, Il garde sur son sort le plus profond secret. Le barbare est parti : pour prjx de notre zélé, ^'ous n'avons remporté qu'une injure nouvelle.