SCÈNE V
ULYSSE, ANDROMAQUE, IPHIS; l'enfant GREC à cote d Andromaquc , troupe de soldats.
ULYSSE
.Madame, vos refus ne nous ont point surpris; Mais déjà vos terreurs ont jugé votre fils :
i'ius vous appréhendez cet affreux sacrifice.
Et mieux vous nous prouvez quelle en est la justice.
ANDHOMAQUE.
Et de (juel crime, hélas! prétend-on le punir?
ULYSSE
Son nom seul nous fait craindre un funeste avenir; V^ous tremblez pour un fils, nous en pleurons un nombr Qu'Hector précipita dans le royaume sombre.
Mnis vos guerriers sont morts les armes à la main, Hector fut leur vainqueur et non leur assassin ; Son bras ne s'arma poinl contre un âge si tendre.
ULYSSE
Ainsi, pour l'accabler, la Grèce doit attendre Qu'Hector qui vit en lui puisse se déployer, Et que son bras un jour vienne nous foudroyer! Quel conseil ! quelle erreur! La saine politique Veut qu'on immole tout à la cause publique. Elle ne risque rien à perdre votre fils, Et court en le sauvant des risques infinis.
{ motitrant l'enfant. ) Soldats, vous m'entendez, voilà votre victime. ( Deux soldats se saisissent de t enfant. Andromacjue , après avoir mis les mains au-devant, comme pour empêcher qu'on ne l'enlève., fait mine de le suivre; mais, après quehfues pas ^ elle revient tout -à- coup, tandis (jue Irs soldats emportent le jeune Grec ; et s'adressant à Ulysse: )
Non, mes bras... Rois cruels dont la rage m'opprime.