‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 31 sur 207 · ANDROMAQUE, CÉPHISE · texte numérisé non relu

ANDROMAQUE, CÉPHISE

CÉPHISE

Oui , Thestor l'a tiré de la nuit du tombeau: Helas! n' 'u ressentez qu'une rapide joie, L'inexorable mort redemande sa proie.

ANDROMAOU E.

Mon fds!... Céphise! Hélas! eh! quel nouveau danger

LES TROYENNES. 4t

Dans le sein de la mort va donc le replonger?

CÉPHISE

Idas, n'en doutez point, rend sa perte certaine; Vis-à-vis de la tour il entraîuoit la reine, Quand soudain devant lui l'enfant est apporté, Qui devoit par les Grecs être précipité. Quelle erreur, a-t-il dit, quel échange funeste, D'un sang fatal aux Grecs conserve ce qui reste? L'esprit plein de ses traits., ils me frappent encor; Ce n'est point là le fils du redoutable Hector.

ANDROMAOUE.

Ah dieux !

CÉPHlSE.

Vous eussiez vu les Grecs frémir de rage, s'amasser, s'écrier, s'apprêter au carnage: Tout e.st en mouvement pour retrouver Thestor ; On croit qu'il guide seul les pas du fils d'Hector. Ulysse est animé du feu de la vengeance; Ulysse confondu dans sa propre science, D'artifices cruels si long-temps occupé, Ne peut vous pardonner d'avoir été trompe.

ANDnOMAQUE.

Thestor !... c'en est donc fait!...

CKPHISE.

Vous coHDoissez son z -le.

Mais que fer<i pour vous son amitié fidèle? Parmi tant d'ennemis ardents à le chercher. Dans ce camp odieux pourra-t-il le cacher?

ANDROMAQUE

-Non , je vois son destin ; non, il faut qu'il périsse :

Le ciel à ma tendresse égale mon supplice.

Céfiliise, qui m'eût dit, quand je pleurois Hector,

Qu'il étoit des douleurs que j'ignorois encor?

Tous les maux que jamais les dieux ont pu répandre,

Ils les ont réservés pour l'ame la plus tendre.

J'adorois mon époux, ils l'ont ai)andonné :

Ils frappent dans mes bras mon fils infortuné.

Du plus grand des héros pourquoi l'ont-ils fait naître?

Et c'est Ulysse seul... Dieux ! je le vois paroître.

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