‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 42 sur 207 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HÉCUBE, CÉPHISE, gardes.

HÉCCBE, « ses gatdcs.

Fuyez, et redoutez la fureur qui m'entraîne Ah, Céphise! sais-tu le sort de Polyxène? On déifie un monstre : à quel titre, à quel prix ' 11 a de sou vivant exterminé mes fils; Il s'est rassasié du sang de ma famille : A ma vive tendresse il restoit une fille , Et l'on va l'immoler à ce monstre odieux, Plus ijarbare pour moi que tous les autres dieux. C'est des dieu-ic infernaux qu'il augmente le nombre : Mais, comme une furie attachée à son ombre, J'irai dans les enfers surpasser sa fureur. Thestor est-il instruit de mon nouveau malheur? Sait-il...'

CÉPHISE

Saisi d'horreur pour ce noir sacrifice.

Que n'a-t-il pas tenté pour désarmer Ulysse? Ses efforts généreux ont été superflus.

Hélas! il est jjarti; nous ne le verrons plus.

HÉCUBE

Qu'enteuds-je! Quoi, Thestor! Thestor nous abandonne!

56 LES TROYENNEs.

CÉPHISE

Les Grecs l'ont éloigné; son zèle les étonne.

Il KCUBE.

Voici donc le moment de la fureur des dieux; Aucun rayon d'espoir ne luit plus à mes yeux. Je vois toute l'horreur de mon sort déplorable ; Le coup le plus cruel , le plus irréparable Que puisse nous ])orter le destin ennemi, C'est de nous enlever un véritable ami. J'ai tout perdu... Ma fdie... hélas! c'est elle-même j Sa vue ajoute encore à ma douleur extrême.

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