ACTE II, SCÈNE IV
Parlez, ne craignez point ici de vous trahir : Vous êtes malheureux, je ne puis vous haïr.
Ah! qui que vous soyez , au malheur qui nous presse, Quand vous l'alkv comliler, quel soin vous intéresse? S'il faut mourir, frappez ; votre pitié nous nuit; Précipitez nos jours dans l'éternelle nuit, Sans exiger de nous un aveu déplorable : Qui périt inconnu périt moins misérable.
I VIllGÉM E.
O sentiments trop chers à mon cœur combattu 1 Puise-t-on l'infortune au sein de la vertu?
Py LADE.
Plaignez moins nos destins. La mort fait notre envie : L'homme apprend tous les jours à mépriser la vie.
IPHIGÉNIE
Quel sort si rigoureux vous en fait un malheur?
py LADE.
Tout homme a ses revers, tout homme a sa douleur; Le plus heureux mortel a connu les alarmes : Hélas ! il n'en est point qui n'ait versé des larmes.
IPHIGÉNIE
(rt Ores te.) ilais qui donc étes-vous? Parlez, vous dont le front...
PyLADE.
Pourquoi d'un vain aveu solliciter l'affront?
IPHIGÉ.NIE, à OreMe. <
C'est vous que j'interroge. Ah ! daignez me répondre; Et ne m'outragez pas jusques à me confondre Avec un peuple aveugle, à moi-même odieux,
;)o IPHIGÉNIE EN TALRIDt
Dont un sort inouï me fait servir les dieux.
Parlez. A vos malheurs il importe peut-être
Que je sache du moins quels lieux vous ont vu naître
Vous ne répondez rien? Toujours vous me cachez
Vos douloureux regards, à la terre attachés.
Quel fruit attendez-vous de celte connoissance?
1 PH IG ÉNI 12.
Dans le sein de la Grèce auriez-vous pris naissance? Mycène, Argos... Où vont mes esprits prévenus?... Ah! sans doute ces lieux ne vous sont pas connus.
OUESTE.
Plût au harbare ciel qu'un désert m'eiît vu naître. Et qu'il m'eût fait périr avant de les connoître!
I P Ulf. ÉME.
Comment! Argos a-t-il été votre berceau;
ORESTE
Hélas! que u'étoit-il en naissant mon tombeau".