‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 81 sur 207 · ACTE m, SCENE VI. log · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE VI. log

PYLADE, à part.

Hélas! que lui répondre?

OUESTE, éperdu.

( bas , à Pylade. ) Madame... Ah! souviens-toi...

I PHIGÉNIE.

Vous semblez vous' confondre.

Parlez, expliquez-vous.

PYLADE

Son cruel désespoir M'a fait de lui survivre un rigoureux devoir.

Comment?

ORESTE

Ah ! n'allez point d'une lâche foiblessc Soupçonner de son cœur l'héroïque nohlesse. C'en est uu digne effort, s'il me laisse mourir; En osant vivre, il fait pour moi plus que périr... Mais, madame, cessez de vous nuire à vous-même, Et me laissez enfin vous sauver ce que j'aime. Hélas! pour vous servir je suis trop malheureu.x... Tournez vers mou ami ces regards généreu-v. Ne me refusez pas, ce cœur vous en conjure; Vous feriez de tdus trois et la perte et l'injure.

I p HIC ÉNI E.

Suivez donc , j'y consens, votre noble fureur, Que mon ame tremblante admire avec horreur... Mourez.

p Y L A u E , à part.

Ciel ! je frémis.

îio IPIIIGÉNIE EN TAUIiîDE.

IPHIGÉNIE, àPylade.

Me serez-vous fidèle?

Puis-je compter sur vous?

Vous coimoîtrez mon zèle...

Daignez de cet ami , d'un seul jour, différer Le sacrifice affreux, qu'il vous faut j)réparer... Qu'au moins de son bûcher la flamme étincelante Ne me poursuive point sur cette mer sanglante. Me le promettez -vous?

IPHIGÉNIE

Comptez sur ma pitié.

P VLADE.

Excusez les terreurs d'une tendre amitié,

Il faut que votre cœur par un serment s'engage;

Je ne puis consentir à partir sans ce gage.

IPHIGÉNIE

Puisque vous l'e.xigez , j'en atteste les dieux. Puissent-ils ni'épargner un devoir odieux! Mais ne laissons pas fuir le moment favorable.

(« Oreste.) Étranger malheureux encor moins qu'admirable, Embrassez votre ami , que vous ne verrez plus.

ORESTE, embrassant Pylade.

Adieu. Uetiens, ami, tes sanglots superflus. Ne vois point mon trépas, n'en vois que l'avantage. L'opprobre et les malheurs étoient tout mon partage. Adieu. Conserve en toi, fidèle à l'amitié, De ton ami mourant la plus digne moitié. Prends soin, à ton retour, d'une sreur qui m'est chère

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