ACTE IV, SCENE VI
Oue me demandez-vous? Ah, mortelle rigueur!
IPHIGÉME.
Et d'où naît, à son nom, le trouble qui vous presse? Brillant encor des fleurs d'une tendre jeunesse. Vous n'avez jiu la voir, vous n'avez pu tremper Dans le complot des Grecs tous prêts à la frapper; Vous n'avez pu parer l'autel pour son supplice.
OP. ESTE
Mais quel soin...
IPHIGÉME.
Répondez, n'étant point leur complice.
ORESTE
Que voulez-vous? Je vais subir le même sort, Par le même chemin descendre au même bord. Heureux si je pouvois, victime obéissante. Offrir aux dieux, comme elle, une tête innocente!
Quoi donc! vous ignorez encore qu'elle vit,
Qu'aux cruautés des Grecs Diane la ravit.
Et que, la transportant sur un rivage horrible...
ORESTE
Qu'entends-je? Iphigénie... ô dieux! est-il possible?... Elle vit?... Achevez, je meurs moins malheureux... Dites... Le savez-vous? Sur quels bords rigoureux Respire une victime et si chère et si tendre?
IPHIGÉME.
En ces lieux.
ORESTE
Juste ciel!... Et pourrez-vous m'apprendra Quel est son sort.
!>... IPIlIGtNIF, K.X TAURIDE.
I PHI G K. M r;.
Helas! plus à plaindre que vohs.
Le sort qui vous attend lui paroîtroit trop doux!
on ESTE.
Ah dieux! Que ce disctiurs me fait naître d'alarmes! Et ne puis-je la voir, l'arioser de mes larmes? Si vous saviez... Mais non... Je lui Ferois horreur... Elle détesteroit mon crime et ma fureur... Voyant d'un sang si cher ma main fumante encore, Pourroit-elle m'aimer? Moi-même je m'abhorre... Cieux! quels sont mes tourments! l'uis-je les supporter? Mais le plus grand de tous, c'est de les mériter.
IPHIGÉNIE
Quoi ! vous êtes coupable, et mon cœur vous excuse! Vous méritez la mort, et ma main s'y refuse! De vos affreux transports quand je devrois frémir. Mon cœur s'en attendrit, je ne sais que gémir! Et qu'êtes-vous? Parlez, il y va de ma vie.