G II ESTE
D'Oreste infortuné que pense Iphigénie?
IPHIGÉNIE
C'étoit tout son espoir... Elle sait qu'il est niorf.
ORESTE
Non , madame , il survit aux horreurs de son sort.
I PHI GÉNIE
(Jue dites-vous?
ORESTE
Il vit, mais sans es|ioir pour elle.
Commeut?
ACTK IV, SCÈNE VI. i23
ORF.STE.
O destinée! ô rigueur éternelle!
Klle ignore qu'ici...
IPH 1 GÉNIE.
Je vous vois tondre en pleurs!
Ah ! qui que vous soyez, ah ! parlez, ou je meurs.
ORESTE
Mon trouble et mes sanglots ne font que trop connoître...
IPRIGÉNIE.
Dans mon cœur éperdu quel soupçon fail-il naître! .Sa jeunesse... ses traits... un secret sentiment... Se peut-il?... Achevez; finissez mon tourment.
ORESTE, éperdu.
Eh bien ! à ses malheurs reconnoissez Orestc. I p II I G É M E , tombant évwwuie dans les bras dEumène.
Mon frère I
ORESTE
Iphigénie!... Oui, tout mon cœur m'atteste... [avec transport. ) Iphigénic!...
IPHIGÉ.XIE, revenant à elle.
Oreste !... Ah ! tous mes sens charmés... Mon frère! O nom si cher!...
OR ESTE.-
Ma sœur! Quoi 1 vous m'aimez...!
Vous n'avez point horreur...! Je vois couler vos larmes... Ma chère Iphigénic!...
I l> III G É N I E.
O moment plein de charmes!..
124 IPHIGENIE EN TAURIDE.
Mon frère est dans mes bras... Et j'allois l'égorger!.. [Elle retombe dans les bras d'Eumcne.)
ORESTE. '
Cessez... Dans quels ennuis in'allez-vous replonger?
IPHIGÉN I E.
Eh ! qui vous a conduit sur ce bord homicide?
ORESTE
Le ciel , l'injuste ciel, qui m'a fait parricide, Et qui , m'en punissant, déchaîne sur mes pas Tous les monstres vengeurs des gouffres du trépas ; Et, pour m'en délivrer, le cruel me condamne A ravir en ces lieu,v l'image de Diane !
IPHIGENIE.
Ce ciel impénétrable, et pii me fait trembler. Veut-il finir uos maux, ou les veut-il combler? Mais comment imposer au tyran qui m'observe? Comment vous dérober au sort qu'il vous réserve? Qu'en ce moment fatal je découvre d'horreurs! O superstition , quelles sont tes fureurs... ! J'entends du bruit. Fuyez. Cache ses pas, Euméne. Dieux, si c'étoit Thoas! si sa rage inhumaine!... Allez.
ORESTE
Moi vous quitter! cjue j'expire en vos bras. C'est mon espoir.
IPHIGENIE.
Cruel, voulez-vous mon trépas?
ÀLll. IV, .iCKNIi Vil. 125
SGÈ^E vir.
ll'ilIGÉME, ISMEMt,
Fuyez Thoas , fuyez sa rage forcenée ; Il sait de l'ëtranger la fuite infortunée. L'esclave est expirant; il cherche dans son sein A démêler le nœud d'un malheureux dessein. >Saus être encor suspects à sa barbare rage, Mon père et ses amis ont prévenu l'orage; Du vaisseau pour le Grec vainement préparé Ils ont couru se faire un asile assuré.
IPHIGÉNIE
La mort est a présent le seul dieu que j'implore; Je me sauve en ses bras d'un crime que j'abhorre.
Vous me faites frémir. Parlez.
L'autre étranger; Que j'allois, que j'ai dû de ma main égorger...
ISMÉNIE
Eh bien ?
IPHIGÉNIF..
Il est mou frère.
ISMÉNIE
O ciel !
I r II I <:■ F. N I E.
Tu vtjii mon Iroui'le, 1 1.
Î2G IPHIGÉNIF, EN ÏAURIDK.
Mes pleurs, mon désespoir, que son danger redouble.
Madame, il faut...
sgènp: VIII.