‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Chateaubrun, Giumond de la Touche, LemierreChapitre 98 sur 207 · ACTE V, SCi;XE VI. Ki · texte numérisé non relu

ACTE V, SCi;XE VI. Ki

Tu m'oses commander d'outrager la nature? De mou frère tu veux que je sois le bourreau, Qu'en son copur tressaillant j'enfonce le couteau; Que, respirant encor, mes maius, ces mains sanglantes Arrachent de son flanc ses entrailles fumantes, Et que d'un œil affreux, plein de ta cruauté, J'y consulte pour toi le ciel épouvanté? Ah ! cet excès d'horreur me rend tout mon courage. Mais de quel droit ici me commande ta rage? Es-tu mon maître? es-tu le dieu de ces autels? Dois-je eu tribut mon sang au dernier des mortels?

THO AS

Sans doute, tu le dois. Oses-tu méconnoître...?

IPHIGÉNIE

Frappe, sois mon bourreau; mais le ciel est mon maître. ( Elle s'élance vers Catitel, s'empare de la victime^ puis

s'adresse aux prêtresses. ) Et vous, ne souffrez point qu'on attente à vos droits. N'obéissez qu'aux dieux, n'écoutez que ma voix. Rentrez dans les devoirs de votre ministère, Défendez l'innocent, soulagez sa misère.

( leur montrant Oreste. ) Veillez sur ce pur sang du maître des humains ; Ses jours sont par le ciel confiés à vos mains.

( Les prêtresses forment un cercle autour d'Oresle. )

THO AS

Gardes !

ORESTE, à Jphigénie.

Laissez, ma sœur, laissez à mon courage Le soin de m'immoler à sa barbare rage.

t,i6 IPHIGÉNIE EiN TAURIUE.

TilOAS, aux qardes interdits.

Quoi donc! à sou aspect vous reculez d'effroi? ( Les (gardes font un mouvement. ) IPHIGÉNIE, s'avançant vers les yardes. Profanes, arrêtez, et respectez un roi.

Page 1