ACTE V, SCÈNE VI. , ,?,.i
Obéissez au ciel qui vous commande; Versez à son courrouv le sang qu'il vous demande.
I PHI G Es I r.. à part.
Moment terrible! O dieux, venez me secourir!
( liaitt. ) Je succombe... Seigneur... Je ne puis que mourir...
THOAS
Quoi ! vous osez encore ici, contre vous-même, Trahir des dieux présents l'ordre saint et suprême?
OR ESTE
Que lui commandes-tu , tvran dont la terreur Fait de ce temple saint un théâtre d'horreur'' A la honte des dieux, que ton erreur atroce liabaisse au vil néant de ton être féroce. Monstre, peux-tu penser qu'ivres du sang humain. On ne peut les fléchir qu'un poignard à la main? Cesse de faire enfin ces dieux à ton image, Et d'ériger le meurtre et le crime en hommage. Si ton cœur altéré cherche à boire mon sang, Tigre, que ne viens-tu me déchirer le flanc?
THO AS
Qu'entends-je ! oses-tu bien, insensé, téméraire...?
( à Ipitiyéiiie. ) Obéissez , frappez.
I PHIGÉME.
Seigneur... il est uion frère.
OrtESTK.
Oui, je le suis. Devant le fils d'Agamemnou, Lâche . baisse les veux, et respecte ce nom.
i34 IPHIGÉNIE EN TAURIDE.
Rentre dans les horreurs du trouble qui te tue :
Je voulois te ravir le jour et la statue ;
C'est à la voix, du sang des malheureux humains,
Dont s'abreuve ton cœur ])ar d'innocentes mains.
C'est à ces cris plaintifs, qu'au défaut du tonnerre
Mon bras venoit venger et consoler la terre;
Et de l'atrocité d'un culte destructeur,
Laver dans tout son sang et l'homme et son auteur.
I F H 1 G É N I E , (1 Oreste.
Cessez....
OUESTE.
Soyez ma sœur, soyez Iphigénie.
Votre terreur pour moi m'est une ignominie. Ayez la fermeté qui sied ù la vertu : C'est mériter son sort que d'en être abattu.
A cet excès d'orgueil et d'audace effrénée, L'étonnement encor tient ma langue «nchainée. Pour me braver ici, parle, quel es-tu?
OR ESTE
Roi.
Si je t'avois puni, j'en reiuplissois la loi. THOAS, troublé, [à Iphûjénie. ) Je cède à ma fureur. Frappez, quel qu'il jjuisse être; Faites votre devoir... et me vengez d'un traître.
IPHIGÉNIE
O cieux! vous l'entendez, et vous ne tonnez pa.-! Et vous tenez fermé l'abyme sous ses pas! Parj-icide jouet d'une aveugle imposture.