‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 100 sur 201 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

GERMEUIL

Le sort m'en veut-il assez ! Le voilà résolu d'enlever sa maîtresse ; et il ignore qu'au même instant son oncle travaille à la faire enfermer... Je deviens coup sur coup leur confident et leur com- ])lice... Quelle situation est la mienne! Encore, si je pouvois m'ouvrir au père respectable... Mais ils ont exigé le secret... Y manquer, je ne puis ni ne le dois... Voilà ce que le commandeur a vu lorsqu'il s'est adressé à moi , à moi qu'il déteste, pour l'exécution de l'ordre injuste qu'il sollicite... En me présentant sa fortune et sa nièce, deux appâts auxquels il n'imagine pas qu'on résiste , son but est de m'embarquer dans un complot qui me perde... Si son neveu le prévient, autres dangers... Mais Cécile sait tout; elle connoît mon innocence... Eh ! que servira son témoignage contre le cri de la famille entière qui se soulèvera contre moi?... Dans quels embarras ils m'ont précipité , le neveu par indiscrétion, l'oncle par méchanceté!... Et toi, malheureuse innocenle, dont les intérêts ne touchent personne, qui le sauvera de deux hommes violents qui ont

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également re'solu ta ruine?... L'un m'attend pour la consommer, l'autre y court; et je n'ai qu'un instant... Ne le perdons pas... Emparons-nous d'abord de l'ordre. Je m'expose, je le sais; mais il faut faire son devoir, et fermer les yeux sur le reste.

FIS DU SECOND ACTli.

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