ACTE III, SCÈNE II. id
C'est votre oncle et votre frère que je fuis... Votre oncle, que je ne connois pas, et que je n';ii jamais offensé : votre frère... Ah ! ce n'est pas de lui que j'attendois mon chagrin!... Que vais-je devenir, si vous m'abandonnez? Ils accompliront sur moi leurs desseins... Secourez-moi, sauvezmoi... Sauvez-moi d'eux: sauvez-moi de moimême. Ils ne savent pas ce que peut oser celle qui craint le déshonneur, et qu'on réduit à la nécessité de haïr la vie... Je n'ai pas cherché mon malheur, et je n'ai rien à me reprocher... Je travaillois;je vivois tranquille... Les jours de la douleur sont venus. Ce sont vos parents qui les ont amenés sur moi, et je pleurerai toute ma vie, parce qu'ils m'ont connue.
CÉCILE
Qu'elle me peine! Oh! que ceux qui peuvent
la tourmenter sont méchants !
(Ici la pitié succède à l'agitation dans le cœur de Cécile. Elle se penche sur le dos d un fauteuil du côté de Sophie, et celle-ci continue .)
J'ai une mère qui m'aime... Comment reparoitrois-je devant elle?... Mademoiselle , conservez, une fille à sa mère, je vous en conjure parla vôtre, si vous l'avez encore... Je ne peux rien; mais il est un être qui peut tout , et devant lequel
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les œuvres de la commisération ne sont pas perdues... Mademoiselle! {Elle selelte aux (jenoux de Cécile. ) CÉCILE s approche d' elle ^ et lui tend les mains.
Levez-vous.
o E R M E n 1 L , « Cécile.
Vos yeux se remplissent de larmes. Son malheur vous a touchée.
CÉCILE, à Germeuil.
Qu'avez-vous fait?
SOPHIE
Dieu soit loué; tous les cœurs ne sont pas endurcis.
CÉCILE, « Sophie.
Je connois le mien. Je ne voulois ni vous voir ni vous entendre... Enfant aimable et malheureux, comment vous nommez-vous ?
Sophie.
CÉCILE, e»! Vembrassant- Sophie, -venez. (Germeuil se jette aux genoux de Cécile, et lui prend une main qu'il baise sans nnr/er.) Que me demandez-vous encore? Ne faisje pas tout ce que vous voulez?
CERMEt3iL,en se relevant , à part.