ACTE III, SCENE X. i 8y
LE COMMANTîEUR.
Il ne vous restoit plus que d'en prendre aussi la défense. Allez, allez.
LE PÈRE DE F.\MILLE
J'ai tort. Il y a des choses qu'il ne faut pas vouloir vous faire sentir, monfrère. Mais cette affaire me touchoit d'assez près, ce me semble, pour que vous daignassiez m'en dire un mot.
LE COMMANDEUR
C'est moi qui ai tort, et vous avez toujours raison.
LE PÈRE DE FAMILLt.
Non, monsieur le commandeur, vous ne ferez de moi ni un père dur et injuste, ni un homme ingrat et malfaisant. Je ne commettrai point une violence, parce qu'elle est de mon intérêt ; je ne renoncerai point à mes espérances , parcequ'il est survenu des obstacles qui les éloignent, et je ne ferai point un désert de ma maison, parcequ'il s'y passe des choses qui me déplaisent comme à vous.
LE COMMANDEU R.
Voilà qui est expliqué. Oh bien! consei-vez votre chère fille, aimez bien votre cher fils, lais- . sez en paix les créatures qui le perdent ; cela est trop sage pour qu'on s'y oppose : mais pour votre Germeuil, je vous avertis que nous ne pouvons plus loger, lui et moi, sous le même toit...
igo LE PÈRE DE FAMILLE.
Il n'y a point de milieu ; il faut qu'il soit hors d'ici
aujourd'hui, ou que j'en sorte demain.
LE PÈRE DE FAMILLE
Monsieur le commandeur, vous êtes le maître.
LE COMMANDEUR
Je m'en doutois. Vous seriez enchanté que je m'en allasse , n'est-ce pas? Mais je resterai : oui , je resterai ; ne fût-ce que pour vous remettre sous le nez vos sottises, et vous en faire honte. Je suis rurieux de savoir ce que tout ceci deviendra.