‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 117 sur 201 · ACTE III, .SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, .SCÈNE X

contre une fille qui devient de jour en jour plus insolente , qui me manque à moi , qui vous man- <|uera bientôt à vous, et que j'enfermerois dans un couvent : contre un fils qui a perdu tout sentiment d'honneur, qui va nous couvrir de ridicule et de honte, et à qui je rendrois la vie si dure, (|u'il ne seroit pas tenté plus long -temps de se soustraire à mon autorité'. Pour la vieille qui l'a attiié chez elle, et la jeune dont il a la tête tournée, il y a beau jour que j'aurois fait sauter tout cela. C'est par où j'aurois commencé; et, à votre place, je rougirois qu'un autre s'en fût avisé le |)remier... Mais il faudroit de la fermeté, et nous n'en avons point.

Je vous entends : c'est-à-dire que je chasserai de ma maison un homme que j'y ai reçu au sortir du berceau, à qui j'ai servi de père, qui s'est attaché à mes intérêts depuis qu'il se connoit, qui aura perdu ses plus belles années auprès de moi, (|ui n'aura plus de ressource, si je l'abandonne, et a qui il faut que mon amitié soit funeste, si elle ne lui devient pas utile; et cela, sous prétexte qu'il donne de mauvais conseils à mon fils, dont il a désapprouvé les projets ; qu'il sert une malheureuse créature, que peut-être il n'a jamais vue, on plutôt parcequ'il n'a pas voulu être Tin-

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strimicnt de sa jîerte. J'enfermerai ma fille dans lin couvent, je chargerai sa conduite ou son caractère de soupçons desavantageux, je flétrirai sa réputation; et cela, parcequ'elle aura quelquefois use de représailles avec monsieur le commandeur; qu'irritée par son humeur chagrine, elle sera sortie de son caractère, et qu'il lui sera échappe' un mot peu mesuré. Je me rendrai odieux à mon fds , j'éteindrai dans son ame les sentiments qu'il me doit , j'achèverai d'enflammer son caractère impétueux, et de le porter à quelque éclat qui le déshonore dans le monde tout en y entrant; et cela, parcequ'il a rencontré une infortunée qui a des charmes et de la vertu, et que, par un mouvement de jeunesse qui marque au fond la bonté de son naturel , il a pris un attachement qui m'afflige. N'avez-vous pas honte de vos conseils ? Vous qui devriez être le prolecteur de mes enfants auprès de moi , c'est vous qui les accusez : vous leur cherchez des torts, vous exagérez ceux qu'ils ont, et vous seriez fâché de ne leur en pas trouver.

LE COMM.\NDEUB.

C'est un chagrin que j'ai rarement.

LE PÈRE DE F4M1LLE

Et ces femmes contre lesquelles vous obtenez un ordre?

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