ACTE IV, SGÈNE XVI. 2oy
Genneuil a l'air sérieux et rêveur. Il refjarde (fuelcjuefois tristement Cécile, qui, de son côté, montre du chatjrin , et de temps en temps de l'inquiétude.) SAINT-ALBIN, à Sophie, quia les yeux baissés et le maintien sévère.
C'est vous! c'est vous! Je vous recouvre
Sophie!... Ociel! quelle se'vérité ! quel silence!.. Sophie, ne me refusez pas un regard... J'ai tant souffert!... dites un mot à cet infortuné... SOPHIE, sans le regarder.
Le méritez-vous ?
SAlNT-ALIilN.
Demandez-leur.
SOPHIE
Qu'est-ce qu'on m'apprendra? ÎN'en sais-je pas assez? Où suis-je? Que fais-je? Qui est-ce qui m'y a conduite? qui m'y retient?... Monsieur, qu'avezvous résolu de moi?
SAINT-ALBIN
De vous aimer, de vous posséder, d'être a vous malgré toute la terre, malgré vous.
SOPHIE
Vous me montrez bien le mépris qu'on fait des malheureux. On les compte pour rien ; on se croit tout permis avec eux. Mais, monsieur, j'ai des parents aussi.
aïo LE PERE DE FAMILLE.
SAINT-ALBIN
Je les connoîtrai. J'irai, j'embrasserai leurs genoux ; et c'est d'eux que je vous obtiendrai.
SOPHIE
Ne l'espérez pas. Ils sont pauvres, mais ils ont de l'honneur... Monsieur, rendez-moi à mes parents , rendez -moi à moi-même , renvoyezmoi.
S.\INT-ALBIN
Demandez plutôt ma vie : elle est à vous.
SOPHIE
O Dieu ! que vais-je devenir! (à Cécile et à Gervieuil, d'un ton désolé et suppliant.) Monsieur!... Mademoiselle!... (se tournant vers Saint- Albin.)
Monsieur, renvoyez-moi renvoyez-moi
Homme cruel, faut - il tomber à vos pieds? M'y voilà. ( elle se jette aux pieds de Saint-Albin.) SAINT-ALBIN tombe aux siens eti la relevant, et dit :
Vous à mes pieds ! C'est à moi à me jeter, à mourir aux vôtres.
SOPHIE, relevée.
Vous êtes sans pitié... Oui, vous êtes sans pitié... Vil ra\'isseur, que t'ai-je fait ? Quel droit astu sur moi?... Je veux m'en aller... Qui est-ce qui osera m'arrêter?... Vous m'aimez? Vous m a-
vez aimee .■"... vous