ACTE IV, SCÈNE XVI. îii
SAIÎ<T-ALBIN.
Qu'ils le disent.
SOPHIE
Vous avez résolu ma perte... Oui, vous l'avez résolue, et vous l'achèverez... Ah, Serf;i ! {.En <lisant ce mot avec douleur, elle se laisse aller dans un fauteuil : elle détourne son visage de Snint-Alhin, et se met a pleurer.)
SAIKT-ALBIN.
Vous détournez vos yeux de moi!... Vous pleurez! Ah! j'ai mérité la mort... Malheureux que je suis! qu'ai-je voulu? qu'ai -je dit? qu'ai-je osé? qu'ai-je fait?
SOPHIE, rt e//e-weme.
Pauvre Sophie, à quoi le ciel t'a réservée! La misère m'arrache d'entre les bras d'une mère... J'arrive ici avec un de mes frères... Nous y venions chercher de la commisération, et nous n'y rencontrons que le mépris et la dureté... Parceque nous sommes pauvies,on nous méconnoît, on nous repousse... Mon frère me laisse... jereste seule... Une bonne femme voit ma jeunesse et prend pitié de mon abandon... Mais une étoile qui veut que je sois malheureuse conduit cet homme-là sur mes pas, et l'attache à ma perte!.. J'aurai beau pleurer... Ils veulent me perdre , et il.s me perdront... Si ce n'est celui-ci , ce sera son
aia LE PEIIE DE FAMILLE,
oncle, (elle se /èi'e.)Eh! que me veut cet oncle?.. Pourquoi me poursuit-il aussi? Est-ce moi qui ai appelé son neveu? Le voilà; qu'il parle, qu'il s'accuse lui-même. Homme trompeur, homme ennemi de mon repos, parlez...
SAINT-ALBIK.
Mon cœur est innocent. Sophie, ayez pitié de moi... Pardonnez-moi.
SOPHIE
Qui s'en seroit méfié!... Il paruissoit si tendre et si bon!... Je le croyois doux...
SAIXT-A LBIN.
Sophie, pardonnez-moi.
SOPHIE
Que je vous pardonne !
SAIN T-A L B I îi . ,
Sophie !
( // veut lui prendre la viain. )
SOPHIE
Retirez-vous. Je ne vous aime plus, je ne vou.- «siiuie plus. Non.
SAINT-ALBIN
O Dieu! que vais-je devenir?... Masœur, Germeiiil, parlez; parlez pour moi... Sophie, pardonnez-moi.
Non.