ACTE V, SCENE Xl^'. 2i<j
1 ' e entre vous et mes enfants. Vous les avez éloi- ;iii's de moi, et vous les avez mis en société avec leurs gens.
LE COMMANDEUR
Non , mon frère , ce n'est pas moi qui les ai éloignés de vous ; c'est la crainte que leurs démarches ne fussent éclairées de trop près. S'ils sont, pour parler comme vous, en société avec leurs gens, c'est par le besoin qu'ils ont eu de quelqu'un qui les servît dans leur mauvaise conduite. Entendez-vous, mon frère?... Vous ne savez pas ce qui se passe autour de vous. Tandis que vous dormez dans une sécurité qui n'a point d'exemple, ou que vous vous abandonnez à une tristesse inutile, le désordre s'est établi dans votre maison. Il a gagné de toute part., et les valets , et les enfants, et leurs entours... Il n'y eut jamais ici de subordination ; il n'y a plus ni décence ni mœurs.
LE PÈRE DE FAMILLE
Ni mojurs !
LE COMMAÎinE en.
Ni mœurs.
LE PÈRE DE FAMILLE
Monsieur le commandeur, expliquez-vous.
LE COMMANDEUR
Du caractère foible dont vous êtes, je n'espère
23o LE PERE DE FAMILLE,
pas que vous en conceviez le ressentiment vif et profond qui conviendroit à un père. N'importe, j'aurai fait ce que j'ai dû, et les suites en retomberont sur vous seul.
LE VÈRE DE FAMILLE
Vous m'effrayez. Qu'est-ce donc qu'ils ont fait?
LE COMMANDEUR
Ce qu'ils ont fait? De belles choses. Écoutez, écoutez.
LE PÈRE DE FAMILLE
J'attends.
LE COMMANDEUR
Cette petite fille , dont vous êtes si fort en peine...
LE PÈRE DE FAMILLE
Eh bien?
LE COMMANDEUR
On croyez-vous qu'elle soit ?
LE PÈRE DE FAMILLE
Je ne sais.
LE COMMANDEUR
Vous ne savez?... Sachez donc qu'elle est chez vous.
LE p£;rE de FAMILLE.
Chez moi !