ACTE V, SCÈNE XIV. aSi
LE COMMANDEUR
Chez vous; oui, chez vous... Et qui croyezvous qui l'y ait introduite ?
LE PÈRE UE FAMILLE
Gernieuil ?
LE COMMANDEUR
Et celle qui l'a reçue?
LE PÈRE DE FAMILLE
Mon frère, arrêtez... Cécile... Ma fille!...
LE COMMANDEUR
Oui , Cécile ; oui, votre fille a reçu chez elle la maîtresse de son frère. Cela est honnête; qu'en pensez-vous?
LE PÈRE DE FAMILLE
Ah!
LE COMMANDEUR
Ce Germeuil reconnoit d'une étrange manière les obligations qu'il vous a.
LE PÈRE DE FAMILLE
Ah, Cécile! Cécile! oîi sont les principes que vous a inspirés votre mère ?
LE COMMANDEUR
La maîtresse de votre fils chez vous, dans l'appartement de votre fille ! Jugez, jugez.
LE PÈRE DE FAMILLE
Ah, Germeuil!... Ah, mon fils!... Que je suis
^^2 \e Père de famille.
malheureux! quel sera le reste de ma vie? qui adoucira les peines de mes dernières années? qui me consolera ?
LE COMMANDEUR
Quand je vous disois , « Veillez sur votre fille ; « votre fils se dérange ; vous avez chez vous un « coquin ; » j'étois un homme dur, méchant, importun.
LE PÈRE DE FAMILLE
J'en mourrai, j'en mourrai. Et qui chercheraije autour de moi?.. Ah ciel ! ah ciel! (il pleure.)
LE COMMANDE U»
Vous avez négligé mes conseils ; vous en avez ri .
LE PÈRE DE FAMILLE
Non , mes enfants ne sont pas tombés dans les égarements que vous leur reprochez : ils sont innocents. Je ne croirai point qu'ils se soient avilis, qu'ils m'aient oublié jusque-là... Saint- Albin!... Cécile!... Germeuil!.. Où sont-ils!... S'ils peuvent vivre sans moi, je ne peux vivre sans eux... J'ai voulu les quitter... Moi les quitter!... Qu'ils viennent... qu'ils viennent tous se jeter à mes pieds.
LE COMMANDEUR
Homme pusillanime, n'avez- vou^ point de hiinte?