‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 15 sur 201 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Va voir dans nos remparts triompher le sénat. Et remettre en nos mains les rênes de l'état ? 1 )e notre liberté ton hymen est le gage , Nous brisons aujourd'hui le joug de l'esclavage. Déjà même Altamont, pour prix de sa vertu. Du rang de sénateur vient d'être revêtu. Fiesque , Doria , ces fils de la patrie , Voilà les conjurés que l'honneur t'associe : Marche d'un pas superbe à côté des héros ; .Sois mon sang, sois ma fille, et viens finir nos maux.

Jour affreux !

SCIOLTO

Dans une heure aux autels on s'assemble. Ton hymen célébré, le fer brille...

CALISTE

Je tremble !

SCIOLTO

On court dans leurs palais enchaîner nos tyrans.

CALISTE

Ainsi du. bien public mes malheurs sont garants. Ah ! sans doute il manquoit a l'hymeu qu'on apprête Le sanglant appareil de cette horrible fête? Dieux! ]iarmi les combats, les flammes, les débris. .. Vous me glacez d'effroi !

SCIOLTO

Tu sauves ton pays.

J'ai souffert jusqu'ici tes pleurs, ta résistance; Mais j'attends plus de zèle et plus d'obéissance. Il y va de ta gloire, il y va de tes jours;

34 CALISTE

Je suis las de souffrir ces éternels retours.

Enfin, parmi les soins dont mon ame est remplie,

Songe (£ue les plus grands sont ceux de la patrie ,

Et qu'un républicain , qui se livre à ta foi ,

Si tu trahis l'état, le vengera sur toi.

Je te laisse y penser; dans une heure on t'appelle.

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