‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 170 sur 201 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE BAROM

Et je m'en tais honneur. Il y a tant de gens qui inentent, les uns par goût, les autres malheureuscuient par devoir, que l'on oublieroit enfin l'existence de la vérité, si le cœur de quelque galanthomme ne lui servoit encore d'asile. Au reste, ce n'est point vous qui me devez reprocher ma franchise, elle vous a souvent été utile et va vous l'être encore aujourd'hui. Je viens vous parler d'affaires.

Oh ! je m'y attendois.

LE BARO^

Vous savez que je n'aime point les visites inutiles ; mais savez-vous que l'objet qui m'occupe rendcelle-ci très-importante? Peut-on s'expliquer (levant monsieur?

ARAMINTE

Il est de mes amis : il est digne d'être des vôtres. Sa réputation même vous est déjà connue : c'est monsieur Lisidor.

LE BARON

Oui , j'en conviens. Vous êtes peut-être, monsieur, le seul dont je n'aie jamais entendu dire r|ue du bien.

LISIDOR.

C'est trop me flatter.

i-}i T.K CKUCLE.

LE D Ali ON.

Entrons donc en matière. Çà, dites-moi, tloisje ajouter foi, ma chère Araminte, au singulier bruit qui se répand de vous dans le monde :'

ARAMINTE

Gomment ?

LE BAIIOK.

Êtes-vous décidée absolument à marier votre fille, sans m'en donner le moindre avis, à un certain marquis , un extravagant , un fou , sans mérite?

ARAMINTE

Doucement, baron.

LISIDOR, a Araminte , h demi-voix.

Vous voyez, madame, que je ne suis pas le seul...

ARAMINTE

Oui, je sens que vous triomphez... Vous pourriez être mal informé, baron.

LE BARON

Je ne le suis que trop bien. Croyez -moi, les gens de mon état et de mon âge ne se compromettent jamais, et n'avancent rien sans en avoir les preuves.

A U A il 1 N T E.

Quelle» que soient les vôtres, je vous conjure...

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