‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 20 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CALISTE, LOTHARIO, MONTALDE, LUt;iLE.

LOTHARIO

Non , je ne reçois point ses barhares adieux.

(à Montalde qui se retire. ) Ami , veille sur nous.

CALISTE

Où suis-je? Hélas !

LOTHAÎIIO.

Tes yeux Ne peuvent soutenir ma funeste présence : Au ciel épouvanté tu demandes vengeance;

4" CAi.isTi;.

Miiisje \ iens le 1 oFfrir.

l<ucile , soutiens-moi.

LOT H A R I o , présentant un poignard à Caliste. Prends ce fer vengeur, frappe et calme ton effroi.

CALISTE

C'est moi qui veux la mort, moi qui vis méprisable. Cruel , Montalde sait...

LOTH ARIO.

Que je suis seul coupable.

Toi, mourir!... Si je fus et barbare et jaloux, .Si la peur de te perdre égara mon courroux , Tremble, n'augmente point le trouble où je me livre. Ton cœur est innocent , il est pur; tu dois vivre. Tu le dois , je le veux.

CALISTE

Hélas! ces tristes jours.

Dont ta flamme odieuse empoisoniia le cours, A de nouveaux périls tu les livres encore. Mon père...

LOTHARIO

Le barbare ' Ah ! combien je l'abhorre ! A mes vrais sentiments' garde-toi d'imputer Les coupables excès où j'ai pu m'emporter. Ton père ! va , sans lui l'amour t'eût respectée. Sur l'heureux Altamont sa faveur arrêtée , Son choix , qui du perfide autorisoit les vœux , L'aspect de mon rival , son audace , ses feux , Tout frappa mes esprits d'une fureur soudaine : Le crime de l'amour fut commis par la haine.

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