‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 21 sur 201 · ACTE 111, SCENE IV. J^j · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE IV. J^j

Ne crois pas que je veuille excuser mes transports; Tremblant, désespéré, suivi de ses remords, L'amant impétueux, qui te plaint, qui t'outrajje, Frémit à tes genoux de douleur et de rage. Tu le connois, pardonne, et crains de l'irriter.

Le refus de la mort peut seul m'épouvanter.

Ah ! si de la pitié la voix plaintive et tendre

A ton ame inflexible eût pu se faire entendre,

Ton bras auroit fini mes jours infortunés,

Mes lamentables jours au mépris destinés.

Tant d'affronts , tant de maux n'ont-ils pu te suffire ?

Penses-tu m'émouvoir, penses-tu me séduire

Par ces larmes , ces cris , ces vains emportements ,

Prestige accoutumé des vulgaires amants?

C'est en vain que ta rage, au comble parvenue,

Sous le nom de remords se déguise à ma vue.

Au travers de ce voile , utile à tes fureurs ,

Je lis tes noirs chagrins , tes honteuses douleurs ,

Barbare, qui peut-être, en implorant ta grâce.

Gémis de ma vertu plus que de ton audace.

Né fourbe, né crue! , nourri dans les forfaits,

Tu respires ma honte , et ne m'aimas jamais.

LOTHARIO

Je ne t'ai point aimée!... Arrête! cette injure Mêle trop d'amertume aux regrets d'un parjure Amant audacieux, sans honneur et sans foi. J'ai mérité ce titre, et je l'attends de toi. Mais nier mon amoar, désavouer ma flamme, Croire ton infortune étrangère à mon ame ;

1^ rALlSTK

Ouand je remplis ces lieux des cris du repentir, Quand je sens tous les maux qu'un mortel peut-sentir, Ne voir dans mes douleurs que des peines légères , Pans des laTmes de sang voir des pleurs volontaires; C'en est trop ! tu m'as fait , par ces nouveaux transports , SouFfrir plus que mon crime et plus que mes remords.

CA LISTK.

Fuis donc, et loin de moi remplis ta destinée. Pars.

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