‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 3 sur 201 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

LOTHARIO, MONTALDE.

LOT H A RIO

iMoutalde est étouué de suivre avant l'aurore

Le fier Lothario dans des Tinirs qu'il abhorre.

Sorti depuis deux ans, de ce séjour fatal ,

J'y déteste un tyran, j'y déteste un rival:

Mais mon persécuteur malgré moi m'y rappelle;

Peut-être il me prépare une injure nouvelle.

Sciolto, sur l'avis qu'il doit me déclarer

Un ordre glorieux dont ou vegt m'honorer,

(Jliez lui-même , en ces lieux m'oblige de l'attendre.

i^u palais de Frégose il doit bientôt s'y rendre.

Lui chez Frégose, ami ! (hw\ seroit son dessein?

Quoi! de ce sénateur 1 Drgueil républicain

A ramper sous le doge .luniit pu se réduire!

Ail! puisquil s humilie, il veut encor me nuitc.

8 CALISTE

MONTALDE.

Du plus grand des Génois respecte les vertus.

Ingrat Lothario, ne te souvient-il plus

Que ce même mortel , objet de ta colère,

Éleva ton enfance et te servit de père?

Sa fille , de ses jours l'espoir et le bonheur.

De plus doux sentiments n'a point rempli son cœur.

LOTHARIO

Caliste !

MO.XTALDE.

Eh bien! Ton ame encor plus inhumaine Confond-elle aujourd'hui Caliste dans sa haine'

LOTHARIO

Montalde, que dis-tu? Qui? Moi!... moi la haïr? Son père fut injuste... il osa me trahir. De ma haine pour lui Caliste est séparée ; Autant que je le hais, Caliste est adorée. D'un tyran déguisé ne vante plus les dons; Sa main les infecta des plus cruels poisons. Gènes vit ma jeunesse, errante en son enceinte, Languir près des tombeaux de ma famille éteinte; Crois-moi , de Sciolto la trompeuse amitié M'accueillit par orgueil , et non pas par jjitié. Ses bienfaits sur mes jours versés avec mesure Pour ce cœur né jaloux n'ont été qu'une injure. Entre Altamont et moi ses dons mal divisés Prévenoient mou rival , et ra'étoient refusés Tu le sais , ce mortel , sûr de la préférence , M'opposa de tout temps sa fière concurrence. .Sans parler des honneurs qu'il usurpa sur moi,

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