‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 7 sur 201 · SCIOLTO, LOTHARIO, MONTALDE, LUCILE · texte numérisé non relu

SCIOLTO, LOTHARIO, MONTALDE, LUCILE

LUCJLE.

O terreur ! ô père infortuné !

Pourrpioi ces cris plaintifs et ce front consterné? Que voulez-vous, Lucile?

LUCILE

A peine à la lumière Caliste vient d'ouvrir sa tinùde paupière, Que ses gémissements élancés vers les cieux...

( voyant Lothario. ) Venez, seigneur... Quel monstre épouvante mes yeux !

LOTHARIO

Ah , Lucile , écoutez ! O désespoir ! ô rage ! On me flatte, on m'appelle, et ma présence outrage! Achevez et comblez le désordre où je suis. Caliste, est-il bien vrai, succombe à ses ennuis?

SCIOLTO

Que t'importent , cruel , les maux de ma famille ?

LOTHARIO

Que m'importe, grands dieux!

SCIOLTO

Retournez vers ma fille , Lucile ; dites-lui, pour calmer ses douleurs , Que mes embrassements vont essuyer ses pleurs.

( Lucile snrt. )

i6 CALISTE.

( à Lothario ) Allez.... Toi, couis au port.

LOTHARIO

Ali ! je dois fuir saiis doute.

Caliste me déteste, et je pars.... Mais écoute : Si de tes derniers ans le cours t'est précieux , Ne précipite point un lipnen odieux.

Attends le jour auguste où mes mains fortunées Tourneront vers ces bords nos poupes couronnées , Ou que ce même ami, qui doit suivre mes pas , A ta fille vengée annonce mon trépas.

SCIOLTO

Quel intérêt....

LOTHARIO

Connois ce funeste mystère.

Je l'aime, tu ne vis qu'autant qu'elle m'est chère. Tremble qu'à mon retour, amant fier et jaloux, Je n'immole avec toi deux perfides époux. Adieu.

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