ACTE II, SCÈNE VI
LE PÈRE DE FAMILLE
L'auriez-vous mérité? votre cœur vous t'eruitil un reproche?
CÉCILE
Non, mon père.
LE PÈRE DE FAMILLE
Qu'avez-vous donc?
CÉCILE
Rien.
LE PÈRE IJE FAMILLE
Vous me trompez, ma tille.
CÉCILE
Je suis accablée de votre tendresse... Je voudrois y répondre.
LE PÈRE DE FAMILLE
Cécile, auriez-vous distingué quelqu'un? Aimeriez-vous?
CÉCILE
Que je serois à plaindre !
Dites. Dis, mon enfant. Si tu ne me supposes pas une sévérité que je ne connus jamais, tun'auras pas une réserve déplacée. Vous n'êtes plus un enfant. Comment Llâmerois-je en vous un sentiment que je fis naître dans le cœur de votre mère? Ovous, qui tenez sa place dans ma maison, et qui
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me la représentez, imitez-la dans la franchise qu'elle eut avec celui qui lui avoit donne' la vi(!, et qui voulut son bonheur et le mien... Cécile, vous ne repondez rien?
CÉCILE
Le sort de mon frère me fait trembler.
LE PÈRE DE FAMILLE
Votre frère est un fou.
CÉCILE
Peut-être ne me troviveriez-vous pas plus raisonnable que lui.
LE PÈRE DE FAMILLE
Je ne crains pas ce chagrin de Cécile ; sa prudence m'est connue, et je n'attends que l'aveu de son choix pour le confirmer. ( Cécile se tait. Le père de famille attend un moment, puis il continue d'un ion sérieux, et mémeunpeu chagrin.) Il m'eût été doux d'apprendre vos sentiments de vous-même; mais, de quelque manière que vous m'en instruisiez, je serai satisfait. Que ce soit par la bouche de votre oncle, de votre frère ou de Germeuil, il n'importe... Germeuil est notre ami commun. ..C'est un homme sage et discret... Il a ma confiance... il ne me paroît pas indigne de la vôtre.
C'est ainsi que j'en pense.