‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Colardeau, Diderot, et PoinsinetChapitre 91 sur 201 · SAINT-ALBIN, LE COMMANDEUR · texte numérisé non relu

SAINT-ALBIN, LE COMMANDEUR

SAINT-ALBIN

Parlez donc , monsieur; je vous écoute... Si c'est un malheur que d'aimer Sophie, il est arrivé ,

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et je n'y sais plus de remède... Si on me la refuse, qu'on m'apprenne à l'oublier... L'oublier? Qui? moi! je le pourrois ! je le voiidrois ! Que la malédiction de mon père s'accomplisse sur moi , si jamais j'en ai la pensée !

Qu'est-ce qu'on te demande? De laisser là une créature que tu n'aurois jamais dû regarder qu'en passant; qui est sans bien, sans parents, sans aveu; qui vient de je ne sais oii, qui appartient à je ne sais qui, et qui vit je ne sais comment. On .^de ces filles-là : il y a des fous qui se ruinent pour elles : mais épouser! épouser!

SAINT-ALBIN, avec vivac'ité.

Monsieur le commandeur!

LE COMMANDE UR

Elle te plaît? Eh bien ! garde-la. Je t'aime autéuat celle-là qu'une autre, mais laisse-nous espérer la fin de cette intrigue, quand il en sera temps. {Saint-Albin veut sortir.) Où vas-tu?

SAINT-ALBIN

Je m'en vais.

LE COMMANDEUR, l'arrêtant.

As-tu oublié que je te parle an nom de ton père?

SAINT-ALBIN

Eh bien! monsieur, dites. Déchirez-moi , déses-

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