SAINT-ALBIN, CÉCILE, GERMEUIL
(Pendant qui! est dans cette situation, Cécile et Germeuil entrent. )
GERMEUIL, s'arrêtant sur le fond, et regardant tristement Saint- Albin, dit a Cécile :
Le voilà, le malheureux! Il est accable, et il ignore que, dans ce moment... Que je le plains ! Mademoiselle, parlez-lui.
CÉCILE
Saint-Albin !
ACTK H, SCENE XVi. 1J7
SAINT-ALBIN, qui lie les voit point, tnais <jui les entend approcher, leurcrie^ sans les regarder: Qui que vous soyez, allez retrouver les barbares qui vous envoient. Retirez-vous.
CÉCILE
Mon frère, c'est moi; c'est Cécile qui connoîf votre peine et qui vient à vous.
siïNT-ALBiN, toujours daus la même position.
Retirez-vous.
Je m'en irai, si je vous afflige.
SAINï-ALBIN.
Vous m'affligez. Vous m'affligez.
( Cécile s'en va. ) SAINT-ALBIN, rappelant Sa sœur d'une voix foible et douloureuse.
Cécile !
CÉCILE, s approchant de son frère.
Mon frère?
SAINT-ALBIN, la prenant par la main, sans changer de situation et sans la regarder. Elle lu'aimoit. Ils me l'ont otée. Elle me fuit,
GERMEUiL, à lui-même.
Plût au ciel !
SAINT- ALBIN
J ai tout perdu, ma sœur, j'ai tout perdu, i 1 \
i58 LE PÈRK l)K FAMILLiv
CÉCILE
Il VOUS reste une sœur, un ami.
SAINT-ALBIN, se relevant avec vivacité.
Où est Germeuil?
CÉCILE
Le voilà, s AiNT-ALiiiN 5e promène un moment en silence, puis il dit : ,
Ma sœur, laissez-nous. (^Cécile parle bas à GoTneuil et sort. ) ( Saint-Albin en se promenant et a plusieurs reprises.) Oui... C'est le seul parti qui me reste... et j'y suis résolu.