DARMANT, ROBINSON, LA MARQUISE
ROBINSO.X.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, madame. Ah ! le bon frère Que vous avez la ! le bon cœur !
Sans lui nous étions morts, j'espère.
DARMANT.
Paix ! je t ai défendu...
ROBINSON
Quel Français obligeant !
Brave homme, toujours prêt à donner de l'argent : Il est notre unique ressource.
Je crois toujours lui voir ouvrir sa bourse. En me disant : Tiens, Robinson; Prends, mon ami, prends sans façon.
DARMANT, lui donnant de i argent.
Prends donc et te tais.
Oh ! je n'ai garde de dire. . .
Que fait ton maître?
ROBÏNSON.
H pense.
DARMANT.
Et Clarice ?
ROBINSON
Soupire.
LA MARQUISE
Penser, soupirer! Pauvres gens!
C'est fort bien employer le temps.
ROBINSOX,
Clarice s amusoit à lire Un de ces beaux romans qu'on fabrique à Paris.
Tout en rêvant , s'est approché mon maître : Un ouvrage français ! dit-il d'un air surpris.
Et le roman vole par la fenêtre.
LA MARQUISE
Cet homme a l'esprit juste.
ROBINSON
« Occupez-vous de Lock ; « Ma fille ; lisez Clark, Swift, Newton, Bolingbrok.
« Songez que vous êtes Anglaise : « Apprenez à penser... » Puis ayant dit ces mots, Il s'enfonce dans une chaise.
Pour réfléchir plus à son aise.
En décidant que vous êtes des sots.
LA MARQUISE
Cet homme est singulier.
ROBINSON
c'est la vérité pure, Et je n'ajoute rien, madame, je vous jure.
LA MARQUISE
Mais quelquefois milord t'a-t-il parlé de moi?
ROBINSON
Toujours beaucoup ; il dit, madame ..