‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 141 sur 231 · CLARICE, LE MILORD · texte numérisé non relu

CLARICE, LE MILORD

On n'y sauroit tenir : quel peuple ! quel pays !

CLARICE

Qu'avez- vous donc eucor, mon père?

LE MILORD

Je me sens transporté d'une juste colère;

Je ne vois que des jeux, je n'entends que des ris ,

Chanteurs importuns, doubles traîtres!

Avec leurs violons, leurs tambourins maudits, Incesscimment , exprès , passer sous mes fenêtres ,

Pour me troubler dans mes ennuis.

Tous les jours des sauts, des gambades,

Et tous les soirs des sérénades.

Quand pourrai-je sortir du chaos où je suis?

CLARICE

Les Français sont gais par usage :

De votre sombre humeur écartez le nuage.

LE MILORD

Tandis que la discorde , en cent climats divers, De tant d'infortunés écrase les asiles ,

Le Français chante; on ne voit dans ses villes, Que festins, jeux , bals , et concerts.

Quel dieu le fait jouir de ces destins tranquilles? Dans le sein de la guerre, il goiite le repos; Sans peines, sans besoins, et libre sous un maitre,

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