SCÈNE VII
LE MILORD
Je me vois retenu chez un peuple frivole ,
Qu'on ne peut définir. Plein d'amour pour son roi ;
Tout entier à l'honneur, sa principale loi;
Fidèle à ses devoirs; au plaisir, son idole,
Des moments les plus chers il consacre l'emploi.
(// s'assied, et après un moment de silence il jette tes
yeux sur une pendule. ) Tout ne présente ici qu'un luxe ridicule. Quoi! l'art a décoré jusqu'à cette pendule? Ou couronne de fleurs l'interprète du temps , Qui divise nos jours, et marque nos instants? Tandis que tristement ce globe qui balance, Me fait compter les pas de la mort qui s'avance. Le Français , entraîné par de légers désirs ,
Ne voit sur ce cadran qu'un cercle de plaisirs. O ciel ! est-il tourment plus rude?
( Un valet du milord entre avec des sacs. ) Qui vient encore ici troubler ma solitude?
Quoi ! toujours ! ah ! c'est de l'argent. Je le reçois dans un besoin urgent; Des secours étrangers il m'épargne la honte. Tu ne t'es pas trompé? sans doute, j'ai mon compte?