‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 160 sur 231 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

LE MILORD

J'ai donné ma parole.

Il aura donc ma foi.

Mais un autre a mon cœur.

LE MILORD

Expliquez ce langage :

Épouser celui-ci, pour aimer celui-là !

Vous vous formez, ma fille , et j'aperçois déjà Que de ce pays-ci vous adoptez l'usage.

S'il vous plaît, rien de tout cela.

Quel est le nom du personnage?...

Dites-le-moi.

CLARICE

J'en aurai le courage.

Malgré moi mon cœur s'est soumis.

Les vertus d'un Français...

LE MILORD

Un de nos ennemis !

CLARICE

11 ne l'est point; c'est Darmant, c'est-lui-méme.

LE MI LORD

Quai-je entendu? Ma surprise est extrême. Je vois quel est le but de ses empressements.

CLARICE

Arrêtez. Vos soupçons seroieut trop offensants. Rien ne m'a jusqu'ici fait connoitre qu'il m'aime : L'estime, le respect, sont les seuls sentiments Qu'il ait osé faire paroître.

Rien aussi de ma part n'a pu faire counoître Le trouble secret de mes sens.

LE MILOKD.

A la bonne heure. Eh bien! puisque je suis le maître, Vous aimerez Sudmer, et je l'ai décidé.

Songez-y bien; j'ai commandé.

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