ACTE I, SCENE III
Que pour m'en parer a vos yeux.
SOLIMAN
Eh bien!... Vainement je désire.
Vous êtes insensible aux peines que je sens.
ELMiRE, avec un trouble affecté.
Mais...
SOLIMAN
Achevez... Eh bien!... partirez-vous , Elmire?
ELMIRE
Seigneur... j'accepte vos présents.
SOLIMAN
Quoi! mon bonheur...
ELMIRE
Oui, c'est trop me contraindre:
Qui peut dissimuler n'aime que foiblement;
Tout le temps que l'on perd à feindre Est un larcin qu'on fait à son amant.
Oui, mon cœur fut à vous dès le premier moment.
Si l'on m'a vu verser des larmes , La crainte de vous voir échapper à mes vœux
Excitoit seule mes alarmes.
SOLIMAN, cFun ton qui doit moins marquer sa satisfaction que son etonnement de voir Elmire céder sitôt.
Ah! je n'espérois pas être sitôt heureux.
( à part. ) Osmiu me l'a bien dit,
ELMIRE, vivement.
Vous m'aimez , je vous aime ; Mou cœur se livre au plus ar<lent transport :
Je vais coutremander moi-même Les apprêts d'uu départ qui m'eût causé la mort. ( à part. ) Enfin, enfin, j'ai la victoire.