‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 20 sur 231 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

M. D u p u I S , (/«< ton le plus railleur.

Eh! oui... oui-dà ! je me rappelle, Ma chère enfant , qu'à sou âge , autrefois , Tout comme lui , j'étois aussi fidèle A plusieurs femmes à-la-fois. . .

( voulant sortir.) Mais, ce notaire attend. '

MARIANNE, /'arrêtant.

De grâce ! Un instant.

, M. DU PUIS

Soit; un instant, passe.

MARIANNE, cTuH air pressant.

Mais, du moins, dites-moi vos nouvelles raisons

Pour le mettre encore à l'épreuve.

Le condamnerez-vous sur de simples soupçons? N'en faut-il pas donner la preuve?

M. DUPUis, légèrement, et en badinant. Oh ! la preuve... nous y voilà.

Eh ! jamais en peut-on donner de tout cela?

Ce que je sais , c'est qu'une très bonne arae , Un homme fort zélé , m'a dit que ce galant Étoit fort aimé d'une dame, D'un état même très brillant; Et justement, c'est là ce que je blâme : c'est tout ce que je craius qu'un tel attachement. Je passerois plutôt un simple amusement; Mais le goût que l'on prend pour une honnête femme , Ainsi qu'on les appelle en ce siècle charmant , Apporte nécessairement

aS DUPUIS ET DES RONAIS.

Le trouble dans uue famille.

MARIAKXE.

Eh ! mais, mon père...

M. DUPUIS, l'interrompant.

Eh ! mais, ma fille...

( voulant encore s'en aller.) Pensez- y bien... Je vais...

MARIANNE, Canêtanl encore.

Mais , encore un moment.

Si ce n'est point un conte ridicule , On vous l'aura nommée , on vous aura tout dit.

M. DUPUIS

Point du tout. Par un vain scrupule , Sottement l'on s'est interdit De me nommer la dame.

M AR 1 A XX E , presque en pleurant.

Allons, c'est une fable.

M. DUPUIS, d'un ton sérieux.

Ce fait peut être faux, mais il est vraisemblable. Ainsi, je dois attendre, et ne rien hasarder... ( cfun ton affectueux , et avec le plus grand attendrissement.) Mais mie vérité constante , Que tu vois , que je sens , qui m'est toujours présente. Et que mon cœur se plaît à te persuader,

C'est que je t'aime , et que jamais un père >"aima sa fille autant que moi...

( la serrant tendrement entre ses bras.) Ma chère enfant , j'ai œ^is en toi Ma félicité tout entière...

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