‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 216 sur 231 · SOLIMAN, ELMIRE · texte numérisé non relu

SOLIMAN, ELMIRE

SOLIMAN

Qu'elle soit confondue; Elmire, je l'exige

ELMIRE

Et que voulez- vous exiger?

SOLIMAN

Vengez-vous, vengez-moi d'une esclave insolente.

EL MIR E

Croyez-nioi, cessez d'y songer.

c'est une Française imprudente , Dont la légèreté détruit le sentiment; Qui croit que tout est fait pour son amusemeni ; Qui croit que le caprice est ce qui rend aimable , '

Et dont le cœur n'est point capable

D'un véritable attachement.

je sais qu'on peut être agréable Par une gaieté vive, un frivole enjouement : Mais ce n'est pas assez; il faut être estimable

Pour fixer le cœur d'un amant , Et la raison rend seule respectable.

SOLIMAN

Ah ! telle est Roxelaue en sa frivolité :

.Sa raison perce à travers sa gaieté.

D'un nuage léger c'est l'éclair qui s'échappe , Et dont la lumière nous frappe.

328 LES TROIS SULTAKES.

ELMIRE

Seigneur, c'est la défendre avec vivacité.

SOLIMAN

Non, je ne prétends point excuser Roxelane.

Mais qu'appréheudez-vous? N'étes-vous pas sultane?

ELMIRE

L'orgueil est satisfait, mais le cœur ne l'est pas.

SOLIMAN

Il le sera, croyez-en vos appas.

( Soliman aperçoit Roxelane vêtue en vile esclave ; elle s'avance à pas lents, en se couvrant le visage.) Je l'aperçois : elle est dans la tristesse , Et sa main cache un front humilié.

( à part.) N'écoutons point un reste de pitié.

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